Lettre reprise de bail par un autre locataire : guide complet et modèle 2026

Téléchargez gratuitement un modèle de lettre de reprise de bail par un autre locataire. Mentions obligatoires, procédure, avantages, risques et jurisprudence récente. Guide 2026.

Par l'équipe éditoriale de StarterLegal Mis à jour 30 août 2026 11 min de lecture
Lettre reprise de bail par un autre locataire : guide complet et modèle 2026

Quitter un logement avant la fin du bail sans perdre son dépôt de garantie, c’est possible avec la lettre reprise de bail par un autre locataire. Ce document formalise l’accord du propriétaire pour transférer le contrat à un nouveau titulaire, sans créer un nouveau bail. Vous trouverez ici les règles à connaître, les pièges à éviter, un modèle prêt à l’emploi et les démarches à suivre en 2026.

Qu’est-ce qu’une reprise de bail par un autre locataire ?

La reprise de bail permet de remplacer le locataire en place par un repreneur, tout en conservant le même contrat : même loyer, mêmes clauses, même durée restante. Concrètement, le locataire sortant et le repreneur informent le bailleur de leur volonté d’opérer une cession du droit au bail, encadrée par la loi du 6 juillet 1989 et l’article 1717 du Code civil.

Scénario courant : Sophie doit déménager en septembre pour un emploi, mais son bail court jusqu’en mars. Elle propose à David de reprendre le logement aux conditions actuelles. Après accord du propriétaire, une simple lettre cosignée acte le transfert.

Beaucoup confondent cette opération avec une sous‑location. Dans une sous‑location, le locataire initial reste responsable du loyer et des dégradations. Avec une reprise de bail, il est définitivement remplacé. C’est une substitution totale, pas une simple mise à disposition temporaire.

Pourquoi opter pour un transfert de bail ?

Un transfert de bail offre des avantages concrets pour les deux locataires, mais comporte aussi des risques. Voici ce qu’il faut peser avant de se lancer.

Avantages pour le locataire sortant

  • Il peut partir rapidement, parfois sans attendre la fin du préavis de trois mois (ou un mois en zone tendue), si le bailleur accepte.
  • Il n’a plus à payer le loyer après la date de reprise et évite la double charge (ancien logement + nouveau).
  • Une fois déchargé par écrit, il est libéré de toute obligation future.

Avantages pour le repreneur

  • Il bénéficie d’un loyer souvent plus bas que celui d’une nouvelle mise en location, car le contrat n’est pas renégocié.
  • Les garanties existantes (durée, clauses) sont maintenues ; il n’a pas à fournir un dossier complet.
  • Le dépôt de garantie peut être transféré directement avec l’accord écrit du bailleur, ce qui évite de bloquer une nouvelle somme.

Risques et précautions

  • Le bailleur n’est pas obligé d’accepter la reprise. Un refus bloque tout transfert, sauf à démontrer un caractère abusif.
  • Sans clause de décharge expresse, l’ancien locataire peut rester solidaire des dettes du nouveau (arriérés de loyer, dégradations).
  • La caution du sortant doit être explicitement libérée ; à défaut, elle continue de garantir le contrat.

À retenir : si vous devez partir avant l’échéance, privilégiez la reprise de bail plutôt qu’un départ pur et simple. Mais ne signez rien sans avoir obtenu une décharge écrite de toute solidarité future.

Que doit impérativement contenir le courrier de substitution ?

Pour être efficace et opposable, le courrier de substitution doit réunir plusieurs informations. Voici une checklist pratique.

Élément à renseigner Exemple Obligatoire / Recommandé
Identité du locataire sortant Nom, prénom, adresse actuelle Obligatoire
Identité du repreneur Nom, prénom, adresse, profession Obligatoire
Adresse du logement et références cadastrales 12 rue des Lilas, 75010 Paris – 751100B1234 Obligatoire
Références du bail initial Date de signature, durée, numéro éventuel Obligatoire
Date de reprise souhaitée 1ᵉʳ septembre 2026 Obligatoire
Clause de décharge du sortant « Le sortant est libéré de toute obligation à compter du… » Recommandé
Devenir du dépôt de garantie Restitution au sortant ou transfert au repreneur Recommandé
Coordonnées de la caution du repreneur Si exigée par le bailleur Facultatif
État des lieux unique prévu Préciser qu’un seul état des lieux vaudra sortie et entrée Recommandé

Erreur fréquente : oublier les références cadastrales peut gêner l’enregistrement fiscal et affaiblir la valeur probante du document. Pensez aussi à joindre le diagnostic de performance énergétique (DPE) si le logement est classé F ou G.

L’accord écrit du bailleur est‑il indispensable ?

Oui, l’accord exprès du propriétaire est nécessaire pour que le transfert devienne opposable à tous. Sans cet accord, l’ancien locataire demeure titulaire du bail et redevable des loyers, même s’il a quitté les lieux.

Un simple accord tacite – le bailleur encaisse les loyers du repreneur sans protester – peut suffire en pratique, mais il ne constitue pas une preuve fiable en cas de litige. La Cour de cassation rappelle régulièrement que seul un écrit signé par les trois parties garantit la sécurité juridique.

Règle de décision : envoyez toujours votre courrier par lettre recommandée avec accusé de réception. Cela vous donne une date certaine et un moyen de prouver la demande, comme la réponse.

Procédure pas à pas pour réussir la reprise

Voici les quatre étapes clés à suivre, idéalement un mois avant la date de transfert visée.

1. Recueillir l’accord de principe

Avant toute rédaction, le sortant et le repreneur prennent contact avec le bailleur. Présentez le dossier du repreneur (justificatifs de revenus, garantie éventuelle). Un échange téléphonique ou un rendez‑vous aide à rassurer le propriétaire.

2. Rédiger et envoyer le courrier recommandé

Une fois l’accord verbal obtenu, préparez le courrier de substitution en reprenant la checklist ci‑dessus. Les deux locataires le signent, puis l’expédient au bailleur en LRAR. Conservez une copie et l’accusé de réception.

3. Réaliser un état des lieux unique

Plutôt que deux états des lieux distincts, organisez une visite commune le jour de la reprise. En présence du bailleur, du sortant et du repreneur, vous constatez l’état du logement. Ce document unique sert d’état des lieux de sortie et d’entrée.

4. Signer l’accord final et gérer le dépôt de garantie

Le bailleur retourne un exemplaire signé du courrier. Le dépôt de garantie est restitué au sortant ou transféré au repreneur selon ce qui a été convenu. Le repreneur souscrit son assurance habitation à la date d’effet.

Astuce : prévoyez un délai d’au moins deux semaines entre l’envoi de la lettre et la date de reprise. Le bailleur n’a pas d’obligation de répondre dans un délai précis, mais cette marge facilite la conciliation en cas de refus.

Reprise, cession, sous‑location : ne confondez plus

Le tableau ci‑dessous compare la reprise de bail avec les autres formules de substitution ou de partage.

Critère Reprise de bail Cession de bail (hors habitation) Sous‑location Nouveau bail
Accord du bailleur Obligatoire et écrit Obligatoire (souvent acte notarié) Obligatoire, écrit ou tacite Sans objet
Responsabilité de l’ancien locataire Déchargé si clause expresse ; sinon solidarité possible Généralement déchargé Le locataire principal reste seul responsable Aucune responsabilité antérieure
Loyer Inchangé Inchangé Libre (dans la limite du loyer principal) Renégociation possible
Durée Durée restante du bail initial Durée restante Au plus égale à celle du bail principal Nouvelle durée libre
Formalisme Lettre cosignée en LRAR Acte de cession plus détaillé Contrat de sous‑location distinct Nouveau contrat, état des lieux, dépôt de garantie

La reprise de bail pour un logement d’habitation est une forme de cession simplifiée. Elle se distingue surtout par son absence de formalisme lourd et par la continuité intégrale du contrat.

Situations particulières : meublé, colocation, indivision, mobilité

Bail meublé

La procédure reste identique, mais l’état des lieux unique doit inclure l’inventaire du mobilier obligatoire. Vérifiez que rien ne manque (literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, etc.). Un repreneur qui constate une absence peut exiger une régularisation avant de signer.

Colocation avec bail unique

Le remplacement d’un colocataire nécessite l’accord de tous les colocataires et du bailleur. Le courrier de substitution doit être cosigné par l’ensemble des parties.
Scénario : Lucas quitte la colocation, Emma le remplace. Si un seul colocataire refuse, le transfert est bloqué. En cas de refus du bailleur, les colocataires restants demeurent tenus solidairement au loyer.

Bien en indivision

Lorsque le logement appartient à plusieurs propriétaires (indivision), la signature de chaque indivisaire est requise. Un seul refus empêche la reprise. Anticipez cette contrainte en contactant tous les bailleurs le plus tôt possible.

Bail mobilité (1 à 10 mois)

Ce bail meublé temporaire, régi par la loi Elan, peut techniquement être transféré. Par sa courte durée, l’intérêt est limité. De plus, il n’est pas soumis aux règles de tacite reconduction. Le transfert reste possible si le propriétaire l’accepte, moyennant un avenant.

Modèle de lettre reprise de bail par un autre locataire

Voici un modèle que vous pouvez adapter à votre situation. Il intègre les mentions obligatoires et les clauses protectrices vues plus haut.

[Nom et adresse du locataire sortant]
[Nom et adresse du repreneur]

À l’attention de [Nom du bailleur / Agence]

Objet : Transfert de bail – substitution de locataire
Recommandé avec accusé de réception

[Ville], le [date]

Monsieur (ou Madame),

Nous soussignés, [sortant] et [repreneur], vous informons de notre accord pour procéder à une substitution de locataire sur le logement situé [adresse complète, références cadastrales].

Le bail initial a été signé le [date] pour une durée de [durée]. Le loyer mensuel est de [montant]. La reprise prendra effet le [date souhaitée].

Nous convenons des points suivants :
- Le sortant est déchargé de toute obligation locative à compter de la date de reprise.
- Le dépôt de garantie de [montant] est [restitué au sortant / transféré au repreneur].
- Un état des lieux unique sera réalisé le jour de la reprise en présence de toutes les parties.

Nous vous remercions de bien vouloir apposer votre signature ci‑dessous en signe d’accord.

Signature du sortant :          Signature du repreneur :

Accord du bailleur (signature) :

À noter : pour les baux soumis à la loi de 1989, aucun droit d’enregistrement n’est dû. Vous pouvez toutefois faire enregistrer l’acte à la recette des impôts pour lui conférer une date certaine.

Droit applicable et décisions de justice récentes

La reprise de bail repose sur l’article 1717 du Code civil, qui autorise le preneur à céder son bail avec l’agrément du bailleur, et sur la loi du 6 juillet 1989 pour les baux d’habitation. Aucune forme particulière n’est imposée, mais la jurisprudence exige un écrit pour assurer l’opposabilité.

Ce qu’a tranché la Cour de cassation (3ᵉ civ., 15 janvier 2025)
Un bailleur avait refusé le repreneur proposé, prétextant vouloir récupérer le logement pour occupation personnelle sans apporter de preuve. La Cour a jugé ce refus abusif. Conséquences : le locataire sortant a été libéré de ses obligations et le propriétaire condamné à des dommages et intérêts. Cette décision confirme que le bailleur doit motiver son refus par des raisons objectives (insolvabilité, projet avéré de vente ou d’occupation personnelle, défaut de garantie sérieuse).

En pratique : si vous essuyez un refus non motivé, vous pouvez saisir la commission départementale de conciliation ou le juge des contentieux de la protection pour faire reconnaître l’abus et obtenir réparation.

Ce qui change en 2026 pour les transferts de bail

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, trois évolutions impactent directement les reprises de bail :

  1. DPE obligatoire : le repreneur doit recevoir le diagnostic de performance énergétique avant la signature, particulièrement si le bien est classé F ou G. Sans DPE, l’opération peut être annulée.
  2. Plafonnement des loyers : dans les zones tendues, le loyer reste celui du bail initial. Toute clause de révision demeure encadrée par l’indice de référence des loyers (IRL).
  3. Déclaration fiscale : le bailleur doit signaler le changement d’occupant via l’espace « Gérer mes biens immobiliers » sur impots.gouv.fr. Cette déclaration remplace l’ancienne formalité de mutation et doit être effectuée dans les 90 jours.

Scénario concret : si le logement est classé G, le bailleur peut refuser le transfert, car la loi interdit la mise en location des passoires thermiques. Dans ce cas, mieux vaut vérifier la validité du DPE avant toute démarche.

Après la signature : les démarches incontournables

Une fois la lettre signée par tous, voici les actions à mener dans les jours qui suivent.

Action Responsable Délai / remarque
Archivage du courrier et de l’état des lieux Toutes les parties Pendant 3 ans après la fin du bail
Souscription assurance habitation Repreneur À la date d’effet de la reprise
Déclaration du changement d’occupant (impôts) Bailleur Dans les 90 jours
Information CAF / APL Repreneur Si une aide était versée
Transfert des contrats (électricité, eau, internet) Repreneur Ouverture de compteurs à son nom

Astuce : même si aucun droit d’enregistrement n’est exigé, vous pouvez présenter l’acte au service des impôts pour lui donner date certaine. Cela renforce sa valeur probante en cas de contestation ultérieure.

Questions fréquentes

Comment faire une lettre de reprise de bail ?

Téléchargez un modèle, complétez-le avec l’identité des parties, l’adresse du logement, les références du bail et la date de reprise. Signez-le avec le repreneur, puis envoyez-le en recommandé avec accusé de réception au bailleur.

Comment reprendre le bail de quelqu’un ?

Trouvez un accord avec le locataire sortant pour qu’il vous présente au propriétaire. Obtenez l’aval de ce dernier, rédigez ensemble le courrier de substitution et faites-le signer par le bailleur pour officialiser le transfert.

Quelle est la différence entre une lettre de reprise de bail et une sous‑location ?

La reprise de bail substitue définitivement un nouveau locataire à l’ancien dans le contrat initial. La sous‑location, elle, laisse le locataire principal responsable du loyer et de l’appartement, le sous‑locataire n’ayant aucun lien direct avec le bailleur.

Quels sont les risques si le bailleur refuse ?

Sans motif légitime et sérieux, le refus peut être contesté comme abusif. Le locataire sortant peut alors saisir la commission de conciliation ou le juge pour obtenir des dommages et intérêts et être libéré de ses obligations.

Puis-je reprendre un bail sans l’accord du propriétaire ?

Non. L’accord exprès du bailleur est indispensable pour que le transfert soit juridiquement valable. À défaut, le contrat reste au nom du sortant qui demeure redevable des loyers.

Ce guide est une information générale, pas un conseil juridique. Les lois varient selon les lieux et évoluent — pour votre situation, consultez un professionnel qualifié.

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