Contrat licence de marque : modèle, clauses essentielles et guide 2026
Modèle de contrat de licence de marque à jour 2026 : clauses obligatoires, différences franchise/cession, redevances, exemple concret, questionnaire décisionnel et jurisprudence. Téléchargement inclus.

Un contrat licence de marque permet au propriétaire d’une marque enregistrée d’autoriser un tiers à l’exploiter, contre rémunération, sans lui céder la propriété. Le titulaire – le concédant – conserve l’intégralité de ses droits de propriété intellectuelle. Le bénéficiaire – le licencié – obtient un droit d’usage personnel, limité dans le temps, pour un territoire et des produits déterminés.
Ce type d’accord est fréquent lorsqu’une entreprise décline sa marque sur une nouvelle gamme, pénètre une zone géographique sans filiale, ou quand un créateur confie la fabrication-distribution à un partenaire. Dans tous les cas, la marque doit d’abord avoir été enregistrée à l’INPI – ou auprès de l’office de l’Union européenne s’il s’agit d’une marque couvrant l’UE.
Qu’est-ce qu’un contrat licence de marque ?
Un contrat licence de marque est l’accord par lequel le concédant octroie au licencié l’autorisation d’utiliser la marque, en échange d’une redevance. Il ne s’agit ni d’une vente, ni d’un transfert de propriété. Le titulaire garde la maîtrise de sa marque ; le licencié reçoit un droit d’exploitation limité, assorti d’obligations de qualité et de suivi.
Ce contrat se distingue nettement :
- de la cession de marque, où la propriété est transférée définitivement – le cédant perd tout droit ;
- du contrat de franchise, qui ajoute à la licence un transfert complet de savoir-faire et une assistance commerciale continue.
Pour qu’une licence soit valablement consentie, la marque doit être enregistrée et protégée. Une marque simplement déposée mais non enregistrée ne peut faire l’objet d’une licence en bonne et due forme.
Les clauses obligatoires d’une licence de marque
Un contrat solide repose sur des clauses précises, rédigées en fonction de chaque projet. Voici les blocs incontournables.
Identification de la marque et des parties
L’accord doit désigner sans ambiguïté le concédant, le licencié et la marque concernée. Le numéro d’enregistrement INPI, les classes de produits ou services visées, la date de dépôt et une représentation graphique de la marque éliminent tout risque de confusion. Lorsque la marque est une marque de l’Union européenne, le numéro d’enregistrement européen est mentionné en lieu et place.
Rémunération du concédant
La redevance constitue le cœur économique du contrat. Elle peut être :
- une somme fixe annuelle,
- un pourcentage du chiffre d’affaires hors taxes du licencié,
- une combinaison des deux, associant un minimum garanti et une part variable.
Le taux varie généralement entre 2 % et 10 % selon la notoriété de la marque, le secteur et le territoire. L’assiette, la périodicité des versements et la date d’exigibilité doivent être stipulées clairement.
À éviter : fixer une redevance purement fixe sans clause de révision. Une marque qui gagne en notoriété doit pouvoir générer des revenus proportionnels.
Obligation d’exploitation et clause de qualité
Le licencié doit véritablement exploiter la marque. À défaut, la licence peut être résiliée. L’obligation d’exploitation est inhérente à tout contrat de licence exclusive ; même en l’absence de clause expresse, la jurisprudence la reconnaît (voir plus bas).
La clause de qualité permet au concédant d’imposer des standards (matériaux, finitions, présentation, formation du personnel) et de réaliser des contrôles périodiques. Elle préserve la réputation de la marque et évite sa dégradation.
Durée, territoire et résiliation
Le territoire (France métropolitaine, Union européenne, monde) et la durée (souvent 3 à 10 ans) sont délimités avec précision. La clause de résiliation énumère les manquements graves – défaut de paiement, non-respect des standards, absence d’exploitation – et fixe les modalités de rupture (mise en demeure, préavis). Le droit applicable et la compétence juridictionnelle sont également indiqués.
Erreur fréquente : ne pas prévoir de durée maximum pour le lancement commercial. Insérez une date butoir au-delà de laquelle le contrat pourra être résilié sans indemnité si les produits ne sont pas en marché.
Comparer licence de marque, franchise et cession
Ces trois contrats gravitent autour d’une marque, mais leurs effets juridiques et économiques diffèrent radicalement. Le tableau ci-dessous les met en parallèle.
| Critère | Licence de marque | Franchise | Cession de marque |
|---|---|---|---|
| Transfert de propriété | Aucun | Aucun | Pleine propriété transférée |
| Savoir-faire transmis | Non | Oui, structuré et continu | Non |
| Autonomie du bénéficiaire | Forte | Faible, intégration à un réseau | Totale (nouveau propriétaire) |
| Rémunération du titulaire | Redevances périodiques | Droit d’entrée + redevances | Prix de vente unique ou échelonné |
| Formalité d’opposabilité | Inscription INPI (licence) | Inscription éventuelle + DIP | Inscription INPI de la cession |
Règle de décision : Vous souhaitez uniquement autoriser l’usage d’une marque, sans fournir de méthodes commerciales → choisissez la licence de marque. Vous voulez transmettre un concept complet avec savoir-faire et assistance → optez pour la franchise. Vous souhaitez céder définitivement la marque → signez une cession.
Une marque peut faire l’objet de plusieurs licences non exclusives simultanées, à condition de délimiter les territoires ou canaux de distribution respectifs, par exemple via un accord de coexistence.
Pourquoi l’écrit est-il incontournable ?
La loi n’impose pas un écrit pour la validité d’une licence. Cependant, sans contrat écrit, vous vous exposez à des risques sérieux.
L’écrit constitue la preuve des droits et obligations de chaque partie. Il est surtout indispensable pour accomplir la formalité d’inscription au Registre national des marques tenu par l’INPI. Cette inscription rend le contrat opposable aux tiers : acheteur ultérieur de la marque, créancier, concurrent. Sans elle, un repreneur pourrait ignorer l’existence du licence et mettre fin à l’exploitation sans indemnité.
Piège courant : croire qu’un simple échange de courriels ou un oral suffit. Même si l’accord oral peut engager les parties entre elles, il reste inopposable au reste du monde. En pratique, personne ne conclut sérieusement une licence sans contrat écrit, précisément pour pouvoir l’inscrire.
Choisir le bon modèle de contrat de licence
Avant de sélectionner un template, répondez à quatre questions :
- La licence sera-t-elle exclusive sur le territoire visé, ou le concédant souhaite-t-il pouvoir en octroyer d’autres ?
- Le territoire couvre-t-il la France seulement, l’Union européenne, ou s’agit-il d’une licence internationale ?
- La collaboration est-elle prévue pour une courte durée (1 à 2 ans) ou une période longue (5 à 10 ans) ?
- La rémunération sera-t-elle fixe, proportionnelle au chiffre d’affaires, ou mixte avec un minimum garanti ?
Les réponses orientent vers la variante la plus adaptée :
- Modèle standard non exclusif : licence simple, sans exclusivité, redevance modeste.
- Modèle avec exclusivité : exclusivité territoriale, obligation d’exploitation renforcée, minimum garanti.
- Modèle international : territoire élargi à l’UE ou au monde, mécanisme de redevances en devises, clause de loi applicable.
Expert nuance : Pour une licence couvrant l’ensemble de l’Union européenne, appuyez-vous sur une marque de l’Union européenne et utilisez un modèle comportant une clause territoriale UE rédigée expressément. Une simple marque nationale française ne protège que la France ; l’étendre par contrat au-delà est inefficace sans l’enregistrement européen correspondant.
Exemple concret : Sophie concède sa marque de bijoux
Sophie, créatrice de bijoux fantaisie en SASU, a déposé la marque « Lueur d’Atelier » à l’INPI (classes 14 et 26). Pour se concentrer sur la création, elle accorde une licence exclusive à la société Lumina Bijoux, sur le territoire France, pour une durée de 5 ans.
Les parties conviennent d’une redevance de 5 % du chiffre d’affaires hors taxes, avec un minimum annuel garanti de 2 000 €. Voici les clauses clés du contrat :
- Objet : « Le Concédant autorise le Licencié à fabriquer et à vendre, à titre exclusif, les produits désignés en annexe sous la marque “Lueur d’Atelier” pour la durée et le territoire définis ci-après. »
- Territoire : France métropolitaine (Corse incluse, DOM-TOM exclus sauf avenant ultérieur).
- Redevance : « Le Licencié versera une redevance annuelle égale à 5 % du chiffre d’affaires hors taxes réalisé pendant l’année civile, avec un minimum garanti de 2 000 €. Le paiement intervient dans les 30 jours suivant la clôture de chaque exercice. »
- Clause qualité : « Les bijoux devront être fabriqués à partir des matrices fournies par le Concédant et respecter le cahier des charges de finitions annexé. »
| Élément | Détail dans le contrat |
|---|---|
| Type de licence | Exclusive |
| Territoire | France métropolitaine (hors DOM-TOM) |
| Durée | 5 ans, renouvellement possible |
| Redevance | 5 % du CA HT avec minimum garanti de 2 000 € |
| Paiement | Dans les 30 jours suivant la clôture de l’exercice |
| Contrôle qualité | Cahier des charges fourni par Sophie |
Une fois signé, le contrat est enregistré à l’INPI. Cette inscription permet à Sophie d’opposer l’exclusivité aux tiers et lui donne une présomption de propriété sur les redevances en cas de procédure collective de son licencié.
Ce qui change en 2026 pour les licences de marque
Depuis le 1ᵉʳ mars 2026, l’inscription des licences de marque au Registre national des marques s’effectue exclusivement via la plateforme en ligne de l’INPI. Les demandes papier ne sont plus recevables. La grille tarifaire a également été revue à la hausse pour les licences portant sur plus de trois classes de produits.
Ces changements ne touchent pas les contrats déjà inscrits. En revanche, tout nouveau contrat signé à partir de 2026 doit respecter ces formalités dématérialisées. Le non-respect de la procédure en ligne entraîne un refus d’inscription, privant la licence de son opposabilité.
Ce que la jurisprudence nous apprend
La chambre commerciale de la Cour de cassation a précisé, dans un arrêt de 2025, l’étendue de l’obligation d’exploitation pesant sur le licencié exclusif. Un licencié n’avait commercialisé aucun produit pendant 18 mois, se bornant à des actes préparatoires. Le concédant avait résilié le contrat. La Cour a jugé que l’obligation de démarrer l’exploitation dans un délai raisonnable est inhérente au contrat de licence exclusive, à moins que les parties n’en aient disposé autrement par écrit. L’absence d’exploitation effective constitue un manquement justifiant la résiliation et l’octroi de dommages-intérêts.
Recommandation pratique : intégrez une clause fixant une date butoir précise pour le lancement commercial. Elle évite les discussions sur le caractère raisonnable du délai et sécurise la résiliation en cas de carence.
Particularités locales et sectorielles
- DOM-TOM : Le droit des marques est identique, mais l’éloignement et les régimes fiscaux locaux peuvent affecter le calcul de la redevance et les délais. Une clause d’adaptation des minima garantis est utile.
- Alsace-Moselle : Le droit local n’altère pas les conditions de fond, mais le formalisme de certaines mentions peut être renforcé si le contrat est conclu par acte authentique. Une vérification par un notaire local reste prudente.
- Marque de l’Union européenne : Lorsque la licence couvre plusieurs États membres, le contrat doit viser expressément le territoire de l’Union ou les pays concernés et désigner la loi applicable. L’enregistrement de la licence se fait alors auprès de l’EUIPO, pas de l’INPI.
- Secteur du luxe : Des clauses de qualité très détaillées sont indispensables (matériaux, formation, emplacement des points de vente). Le concédant se réserve souvent un droit d’audit régulier et un droit de contrôle sur les campagnes marketing.
- Secteur technologique : La licence de marque s’accompagne fréquemment de licences de brevets ou de savoir-faire logiciel. Le contrat doit articuler les différentes licences et prévoir le sort de l’ensemble en cas d’expiration d’un brevet.
Questions fréquentes sur la licence de marque
Qu’est-ce qu’un contrat de licence de marque ?
C’est un accord par lequel le titulaire d’une marque autorise un tiers à l’exploiter, contre rémunération, sans lui en transférer la propriété. Le licencié paie une redevance et s’engage à respecter des standards de qualité.
Quels sont les trois contrats voisins ?
Le contrat de licence de marque (droit d’usage, pas de savoir-faire), le contrat de franchise (droit d’usage + transmission de savoir-faire + assistance) et le contrat de cession de marque (vente avec transfert complet de propriété).
Comment est rémunérée une licence de marque ?
La rémunération prend la forme d’une redevance fixe, proportionnelle au chiffre d’affaires, ou mixte (minimum garanti + part variable). Le taux évolue couramment entre 2 % et 10 % selon la notoriété de la marque.
Quels sont les avantages et les inconvénients pour chaque partie ?
Pour le concédant : revenus complémentaires sans investissement industriel direct, mais risque de dégradation de l’image si le licencié ne respecte pas les standards. Pour le licencié : accès immédiat à une marque établie et à sa clientèle, en contrepartie d’obligations de qualité et de paiement de redevances, même en cas de résultats décevants.
Peut-on avoir une licence de marque sans contrat écrit ?
En théorie, oui. En pratique, c’est extrêmement risqué. L’écrit est la seule preuve fiable et, surtout, la seule manière d’inscrire la licence à l’INPI pour la rendre opposable aux tiers. Une licence non inscrite n’existe qu’entre les parties ; elle est ignorée par un acheteur ou un créancier.
Après la signature : les étapes clés du suivi
Une fois le contrat signé, plusieurs formalités et actions de suivi sont à prévoir :
- Inscription à l’INPI : déposez la demande d’inscription dans le mois suivant la signature. C’est cette formalité qui rend la licence opposable.
- Calendrier des redevances : mettez en place un échéancier de paiement et un mécanisme de déclaration périodique du chiffre d’affaires par le licencié.
- Anticipation du renouvellement : les licences sont souvent reconduites tacitement. Fixez une date butoir pour renégocier ou dénoncer le contrat.
- Gestion des avenants : toute modification (extension de territoire, nouveau produit, taux de redevance) doit faire l’objet d’un avenant écrit signé des deux parties et, si nécessaire, publié à l’INPI.
- Résiliation : en cas de manquement, formalisez une mise en demeure puis notifiez la résiliation dans les formes prévues au contrat.
Bon à savoir : un tableau de bord de suivi partagé entre concédant et licencié (échéances, déclarations, contrôles qualité) réduit les incompréhensions et facilite la gestion courante.
Ce guide est une information générale, pas un conseil juridique. Les lois varient selon les lieux et évoluent — pour votre situation, consultez un professionnel qualifié.
